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Accueil » Critiques » Sherlock, T1 : Révélation
Sherlock, T1 : Révélation Critique de
Sherlock, T1 : Révélation
par
chez Glénat
4 janvier 2008
» voir la fiche bibliographique
par
Bénédicte S.
Ses autres critiques
La véritable révélation est que le dessinateur dessine comme un pied ! Novembre 29, 2011

Alors là, si une connaissance ne me l’avait pas conseillé, je ne l’aurais pas acheté ! Rien que la couverture m’avait fait froncer les sourcils lorsque je vis un Anubis squelettique brandir un poignard dans le dos d’un rouquin qui jouait du violon. L’auteur, Didier Convard, je le connaissais pour avoir lu « Le triangle secret », mais pas en tant qu’auteur de bande dessinées sur Holmes. Bien, ouvrons ce fameux album et découvrons le.

L’histoire commence en 1877. Première nouvelle : Sherlock Holmes est jeune (23 ans, si né en 1854) et s’amuse en Égypte à faire des fouilles archéologiques. Oh, pardon, je m’excuse, je fais erreur : ce n’est pas Sherlock Holmes mais Sherlock Matthiews. Me serais-je trompée de livre ? Heu, non, apparemment pas. Bizarre, bizarre... Vous saurez pourquoi à la fin.

Nous apprenons ensuite que ce jeune étudiant fut recalé en mathématique, philosophie et latin mais qui excelle en chimie, physique et botanique... et qui travaille au laboratoire du Saint Bartolomew Hospital (Saint-Barthelemy prenait un « h » en français et pas en anglais ? Google m’en ajoute un, pourtant. Erreur du scénariste ! Z'ont pas de correcteurs ?). Là, on remarque que le scénariste a ouvert les premières pages de STUD. C’est déjà ça. Oserais-je dire qu'il n'a ouvert que ces premières pages là ainsi que celles du début de SIGN ? Oui ! Dommage...

Pour les dessins, ils sont rebutants au possible ! Comment est-ce possible de dessiner aussi mal ? Les têtes sont horriblement dessinées, donnant aux personnages des airs mal fichus qui fichent la trouille. Les plus atteints sont le personnel du manoir des Matthiews : la bouche est entrouverte et les dents ressortent, leur donnant un air maléfique. Les sourires sont figés, commissures des lèvres pointées vers le bas comme s’ils étaient tous atteint de constipation aiguë depuis quinze jours. Sherlock est roux avec des mèches qui pendent devant son front. Quelle hérésie. Cela plombe le livre de manière irrévocable. Encore un qui a eu son diplôme de dessin dans un paquet de poudre Bonux.

Maman Holm... heu, maman Matthiews s’est pendue et Sherlock n’y croit pas une seconde, le brave petit, même si ça à l'air de lui faire autant d'effet que la perte d'une paire de chaussettes quand il avait dix ans. Sherlock va tout faire pour le prouver, à commencer par une reconstitution de la pendaison à l’aide d’un mannequin. Avec l’aide de Mycroft, il va rependre le mannequin pour prouver que ses déductions étaient bonnes. Là, je retrouve mon détective. Un bon point.

Où cela recommence à foirer, c’est quand Sherlock est debout devant la tombe de sa mère. La date de sa mort est 1881 ! Erreur dans le but de copier un certain auteur de ma connaissance qui a fait migrer une blessure de l’épaule à la jambe ou fait se dérouler un récit (WIST) en 1892, période du grand Hiatus ? Est-ce dû à une distorsion du continuum espace-temps qui nous fait passer de 1877 à 1881 ? Mais alors Sherlock a 27 ans ? 1881, c’est STUD ! Z’ont fumé la moquette, les auteurs ?? L'erreur est fameuse, tout de même.

Je n’ai pas de réponse à la question sur la mauvaise datation, mais la page suivante nous montre le dos de Celui-Dont-Je-Ne-Prononcerai-Pas-Le-Nom (j’ai trop lu Harry Potter, moi). Qu’est-ce qu’il fou là, lui ? Et il en veut aux deux frères Holm... heu, Matthiews? Pour quel besoin faire intervenir cet homme ? Juste pour nous faire comprendre qu'ils reprennent tous les clichés dans le but de nous faire croire qu'ils sont à la hauteur ?

Bûcher pour le cliché de la casquette Deerstalker qu’un membre du personnel constipé donne à Sherlock, lui assurant qu’il n’en trouvera pas des comme ça chez Coldwell... S’il le dit. On doit le croire ? Enfin, grâce à la vieille casquette de cet homme (qui souffre sans doute aussi d’hémorroïdes pour avoir une figure aux traits aussi tirés, limite cadavre), Sherlock nous informe qu’il ne la quittera plus jamais (hygiène, quand tu nous tiens) et nous assure qu’il n’aura plus jamais de rhume grâce à elle. Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour ne plus jamais être malade...

La fin est assez... Comment dire ? Stupéfiante ? C’est le mot et j’ajouterai, tant que je parle de stupéfiant, que les pensées de Sherlock m’ont fait bondir sur ma chaise : « J’aurais donné mon âme pour un peu de cocaïne. J’avais gardé des amitiés au labo de chimie du Saint-Bartolomew Hospital, dont celle d’un préparateur qui me fournissait autrefois ». Le scénariste fait de Sherlock un camé profond. Si vous avez entendu un bruit louche, c’était mes dents qui grinçaient. Elles ont continué de grincer quand j’ai vu Sherlock en deerstalker-macfarlane dans Londres. Bref, clichés à fond ! En plus, le coupable (improbable) avait des motifs bancals, je trouve. Pour le « responsable » de son malheur, je veux bien admettre la vengeance, mais pas pour le reste ! Dément !

Le scénario aurait pu être tout à fait valable et meilleur, avec un autre scénario pour la fin. L’album aurait reçu un avis favorable si les dessins n’avaient pas été aussi merdiques et les gros clichés absents. Là, malgré certains points positifs, il reste trop de négatif, donc je mitige vers le "pouvait mieux faire".

Ah oui, j'oubliais ! L'explication du nom.

Puisque la dernière fois que la mère de Sherlock et Mycroft avait joué du violon, il s’agissait d’un poème symphonique qui s’intitulait « les Argonautes » et joué par Augusta Holmes. Elle a réellement existé, j’ai vérifié et je suis tombée sur ça : « En 1880, son poème symphonique Les Argonautes, reçoit la mention très honorable au Prix de la ville de Paris (le premier Prix est remporté par Duvernoy avec La Tempête) ». En 1880 ? Oups, si l’action se passe en 1877 comme indiqué au début, ceci est autre erreur dans le temps !

De plus, son nom s’écrivait « Holmès » et j’ai horreur quand quelqu’un prononce le nom de Holmes en appuyant sur le « messe ».

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