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Accueil » Critiques » La Maison de Soie
La Maison de soie Critique de
La Maison de soie
par Anthony Horowitz
chez Calmann-Lévy
3 novembre 2011
» voir la fiche bibliographique
par
Lindsay G.
Ses autres critiques
La sauce ne prend pas... Novembre 28, 2011

La Maison de Soie d’Anthony Horowitz a été présentée comme la suite officielle du Canon et
vu le battage médiatique dont le livre a fait l’objet on devait s’attendre à ce qu’il
écrase tous les autres pastiches tellement il allait être trop-bien-de-la-mort-qui-tue...

En résumé on est loin du compte... La Maison de la Soie est un pastiche correct sans plus.
Un peu court pour une critique : je vais donc développer un peu mon propos.

La Maison de la Soie commence ultra-classiquement : intro de Watson qui explique pourquoi
ce manuscrit ne doit être publié que 78,37 ans après sa mort. L’explication est une
variante du « le monde n’est pas préparé pour... » et l'introduction est un peu trop
longue vu son manque flagrant d'originalité. On enchaine par une scène d’Holmes et Watson
à Baker Street et l’arrivée d’un client. J’avoue que j’aime bien : un Star Wars commence
par un texte qui défile sur fond sonore, un Harry Potter par un été à Privet Drive... un
Sherlock Holmes commence par une discussion dans le salon du 221B.
S’enchaine une première affaire qui mène à une deuxième, bien plus sombre. Toujours rien
de très innovant puis coup de théâtre et... et plus rien. Le rythme, qui était monté
doucement jusqu’à un retournement de situation (Holmes se retrouve dans une position
difficile) n’arrive pas à décoller. L’histoire peine à continuer : Watson se met en mode
Nigel Bruce, enchaine connerie sur connerie et finit par rencontrer un personnage du Canon
dont on se demande vraiment ce qu’il vient faire là. Les actions de Holmes sont
incohérentes. En gros il voit un piège, fonce dedans comme un gros bourrin et prend un air
pénétré pour expliquer que si il fait ça c’est pour forcer les ennemis à agir. Stratégie
un peu faible si on peut encore appeler ça une stratégie. Enfin la révélation finale est
méchamment prévisible. Et déjà utilisée à de nombreuses reprises dans des romans policiers
noirs. Comme le retournement de situation du milieu du livre d’ailleurs. En fait
l’intrigue repompe allégrement de nombreux éléments vus dans d’autres livres pour faire un
mélange tiédasse qui ne prend pas. J’ai refermé mon livre avec un sentiment de déjà vu (et
une énorme envie de mettre des claques à Watson).

De plus Anthony Horowitz ne parvient pas à nous faire ressentir de l’empathie avec les
personnages : ils sont trop lisses, sans la moindre profondeur et bien trop prévisibles.
Il ne parvient même pas à nous faire vraiment détester ses méchants. Tout cela est trop
aseptisé, trop dégoulinant de bons sentiments et d’une morale bien-pensante (tuer les gens
c'est mal!!). Où est le Holmes bohème et épris de justice qui cambriole les maitre
chanteurs et laisse repartir les meurtriers vengeurs ? Ou est Watson l’homme d’action et
de confiance capable de suivre Holmes jusqu’en enfer ? Où est passée l’intelligence
supérieure de Mycroft ? La tenacité de Lestrade et son admiration réticente pour Holmes ?

Sur l'écriture je n'ai pas grand chose à dire. Ayant lu la version française je ne peux
pas vraiment juger le style d'Horowitz.

Conclusion : si vous avez des petits sous-sous je ne saurais que vous conseiller d’acheter
un autre pastiche VRAIMENT bien. "Dust and Shadow" de Lindsey Faye par exemple (pleins
d’autres titres à retrouver sur le forum de votre association préférée). Ils ne sont pas
autorisés par les héritiers de Conan Doyle et c’est bien triste mais au moins ils sont
bien écrits et originaux.
Et si vous tenez absolument à lire La Maison de Soie je vous ferais un plaisir de vous le
prêter : ce n’est pas comme si j’allais le relire de toute façon...

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