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Accueil » Critiques » Le chien des Baskerville
Critique video
Le chien des Baskerville
par
Bénédicte S.
Ses autres critiques
Le chien des Baskerville avait de la conjonctivite... Novembre 15, 2011

Déjà, en entrée de jeu, un avertissement écrit me signale que le film est inspiré du roman de Conan Doyle mais que les ayants droits ne l’ont pas laissé le reproduire tel quel. Ah, ça commence bien. Je tremble déjà, avant même l’entrée en scène du clébard maudit.

Ben, tiens, en parlant du clébard, v’là Charles qui attend devant sa propriété, près de la grille. On voit bouger les taillis et la caméra nous montre le point de vue du chien : une vision en rouge. Moi qui pensais que seules les études étaient en rouge... La vie ne doit pas être drôle pour nos amis les chiens s’ils voient tous de cette couleur. Le chien grogne, Charles détalle et pense à fermer la grille, comme je le lui soufflais. La bête ne saura pas entrer. Que nenni ! Elle avait un passe et le poursuit dans le parc. Ce pauvre Charles meurt d’une crise cardiaque provoquée par la peur (je divulgue rien, on connaît l’histoire, sinon, vous le verrez assez vite). L’animal s’approche, le renifle (va-t-il lever la patte ? Non), et la bête n’essaye même pas de grignoter le cadavre. Même pas drôle. Alors ce fameux chien... Des dents plus grandes que celles d’un tigre sabre et un poil noir qui aurait besoin d’un sérieux étrillage tellement on lui a collé des touffes de poils sur le dos. Le pire, se sont ses yeux... Rouges ! La pauvre bête souffre de conjonctivite aiguë. Je comprends qu’elle ait la haine.

Passons ensuite à Baker Street dans le salon de la taille d’une salle de bal : un plan sur un Watson avec des cheveux blancs, frisant plus la soixantaine qu’autre chose. L’âge d’être le père de Holmes, en fait, sauf si le détective est avec une tribune. Tiens, il est où, Holmes, au fait ?

Ah, il est là... « Nom de Dieu ! » Et je ne m’excuserai pas pour le juron. Mais qu’est-ce que c’est que ce guignol qu’ils ont choisi pour jouer Holmes ? On dirait un bouffon ! Non, c’est un bouffon. Beaucoup trop de grimaces. Je sais que certains reprochaient à Brett d’en faire trop, mais ses mimiques, ses haussements de sourcils, ses sourires et tout le reste, ils étaient distillés à bon escient. Pas chez Frewer. Il en fait des tonnes pour rien. Rien qu’en le voyant gesticuler, j’ai grogné plus fort que le chien. L’acteur se moque ouvertement de Watson et du personnage de Holmes qu’il ne doit pas connaître, gambade comme un chien fou, jacasse, fanfaronne,... : insupportable. Pitié !

Arrive ensuite le docteur Mortimer, un homme gras et bedonnant alors que canoniquement parlant, il est mince et grand. Mortimer raconte la légende, les images sont troubles et je comprends pourquoi le chien des Baskerville a les yeux rouges : il a regardé le film dont la caméra était manipulée par un type soufrant de tremblote. Ou alors ils ont tourné la scène par moins vingt degrés et le caméraman était torse nu.

Le pire fut atteint quand Holmes sortit prendre l’air avec Mortimer et Watson, vêtu la cape macfarlane et la ridicule casquette. En plein Londres !! Et je n’avais encore rien vu : Holmes prend une pomme dans un étal, la frotte et s’en va en la mangeant. Watson payant derrière lui, comme une mère le ferait avec son gamin indiscipliné. Mes yeux sont sortis de leurs orbites.

Alors, un bon point tout de même pour Henry Baskerville, mignon comme tout, en cow-boy tenderfoot arrivé en droite ligne du Texas. On lui pincerait le nez qu’il en sortirait encore du lait... J’en aurais bien fait mon ordinaire dans la lande si les gamins de seize ans étaient ma tasse de thé. Là, j’aurais eu de sérieux problèmes avec la loi.

Je n’épiloguerai plus sur Frewer qui nous a de nouveau parodié un Holmes aux antipodes de l’original, arrivant en retard à l’hôtel, jouant au guignol, disant à Watson qu’il a fumé quatre pipes comme si c’était un exploit et me donnant envie de vomir mon quatre-heures. Quant à la robe de chambre qu’il porte au 221b et son ridicule chapeau, sortis d’on ne sait où, je n’ai pas compris pourquoi on devait l’affubler de ces horreurs. Un surplus du cirque Bouglione, peut-être ? Quand à se manière de jouer du violon, passons, on est loin des Lieder de Mendelssohn.

Ouf, Watson part dans la lande désertique et sauvage, avec un paysage lunaire et sordide... Heu, pardon, je m’excuse, je pense qu’ils ont changé de destination au dernier moment pour une contrée verte et magnifique comme on en voit dans les guides touristiques. Le Professeur Alpenstock avait raison, c’est la Suisse Romande et pas la lande désertique. Ou peut-être la verte Irlande ? J’irais bien en vacances là, tiens, tellement c’est verdoyant.

Ah oui, j’oubliais de vous dire que les dialogues sont à mourir de rire ou de honte, selon que vous êtes le téléspectateur ou le scénariste. "J'échange un de mes grizzly contre ton chien, hahaha" et j'en passe des vertes et des moins mûres !

Tout le reste du film tient de l’horreur ou de la farce, au choix : le magnifique château qui fait même pas peur qu’on dirait celui des contes de fées, les employés souriant comme des huissiers sur le point d’être saisis. Le majordome Barymore, barbu et joyeux comme des papes réunis en conclave, sa chère épouse qui ressemble à la gamine de la Famille Adams à l’âge de la ménopause (vu son humeur, elle doit l’avoir faite deux fois, sa ménopause). Le Sir Henry qui s’extasie devant chaque truc qui lui appartient, dont un mini Stonehenge, des bergers, des moutons (pourra p’tet même s’faire un mouton, l’gamin), des terres...

Le fond fut atteint une fois de plus avec le terrible bourbier de Grimpen dont Stapelton le binoclard les mettra en garde. Ouf, nos amis l’ont échappée belle. Même s'ils n'allaient pas patauger dedans.
« Heu, c’est ÇA le terrible bourbier de Grimpen ? » me demandais-je dubitative. Il y a le même dans les campagnes, chez moi, après de fortes pluies. A part perdre une botte, on ne risque rien d’autre... Ah si, salir sa chaussette.

Vient la Béryl, la soeur (hem) de Stapelton, habillée pour le bal de la Rose et qui met Watson en garde "casse-toi, pov'con!" (enfin, un truc dans le genre, avec les formes, mais le fond est le même), le prenant pour « Sir Henry le cow-boy pied tendre », tandis que ce dernier observait le gros agaric de Stapelton, derrière un chêne. Rien de cochon, l’agaric étant un champignon et il ne ressemble pas à la phalle impudique, même si nos deux glands se trouvaient au pied d'un chêne. Ne me demandez pas pourquoi Stapelton voulait à tout prix montrer un champignon à Sir Henry. Sans doute pour laisser Watson seul.

Autre gros plantage : quand nos amis se promènent sur la lande, après avoir vu le barbu faire des signaux à la fenêtre et entendu la confession de madame Ménopause au sujet de son frère Selden qui a le Q.I d’un gant de toilette... Et bien, malgré le fait que c’est à l'heure "où s'exaltent les puissances du mal", bizarrement, dans la trouée du feuillage des arbres, dans leur dos, on peut apercevoir les rayons du soleil ! Diable, les puissances du mal ne travaillent plus la nuit ? Ça coûtait trop cher et elles payaient trop de taxe, sans doute. Tout fou l'camp, ma brave dame !

Bref, du grand n’importe quoi durant nonante (90 en traduction simultanée) longues minutes ! Les ayants droits ne leur ayant pas permis de reprendre l’histoire, du coup le réalisateur s’y est donné à cœur joie pour massacrer le tout, les scénaristes se sont englués dans le bourbier de leur connerie, qui était incommensurable et ils ont changés des tas de choses dans le déroulement de l’histoire. A vomir, je vous dis.

Allez, je vous offre un peu plus d’horreur canines : quand les hurlements du chien retentissent (plus de croquettes Pedigree Pall dans la gamelle ?) et que Watson voit le chien précipiter Henry dans un ravin, se disant qu’il aurait mieux fait d’écouter maman Holmes et de ne pas sortir la nuit, après minuit. Il retrouve donc le pauvre Henry, la tête fracassée, mais pas le chien, qui a survécu à la chute, lui ! La preuve que c’est le chien du diable ! Stapelton arrive, inquiet (mais qu’est-ce qu’ils foutent tous sur la lande sauvage à cette heure là, eux ?) et ouf, ce n’était pas le « bon Henry » qui avait été précipité par la « brute de chien », mais le « truand de Selden » qui portait la panoplie complète de John Wayne de Sir Henry ! Bien sûr, le cow-boy était depuis peu déguisé en lord anglais et le barbu avait refourgué les habits western à l’évadé vagabond. Comme si cela faisait discret un chapeau de cow-boy sur la lande... Warf, warf, warf ! Rire canin.

Le sommet de la débilité fut définitivement atteint (moi qui croyait déjà avoir touché le fond) avec le message de Béryl qui pue le coup fourré à dix kilomètres, mais comme Sir Henry aimerait fourrer un coup à la Béryl, la testostérone étant la plus forte que la raison, il y va ! Se disant que à défaut de labourer et ensemencer les terres, il pourrait peut-être... Hem, je m'égare. Heureusement, Watson est sur les talons de l’étalon. On a raison de dire que l’on mène les hommes par leur estomac et autre chose. Béryl le savait.

Non, j’vous raconte pas la fin, tiens ! Sachez juste que le chien avait été rendu aveugle par son maître (le méchant) et qu’il se dirigeait à l’odeur. Sauf que, mon chien étant devenu aveugle en fin de vie, il avait les pupilles blanches, laiteuses, voilées, mais pas rouges et il se cognait aux meubles, mon pèpère (c’était un berger malinois croisé allemand). De plus, si le chien des Baskerville était miro, comment se fait-il que l’on ait vu au travers de son regard au début du film ? Comment a-t-il fait pour venir grogner sous la fenêtre de Henry ? Comment pouvait-il sentir son odeur, alors qu’il était dans sa chambre, au deuxième, les fenêtres fermées ? Le mien détectait ma présence, même quand j’étais derrière une fenêtre, mais plus en étant aveugle !

De plus, les seuls chiens capables de suivre une odeur dans les airs, ce sont ceux de la race Saint-Hubert (pas des méchants chiens)... Les autres collent leurs truffes au sol et suivent la piste. Bizarrement, le chien maudit pas, il court la truffe au vent. Cela pourrait s’expliquer si Sir Henry n’avait plus pris de bain depuis trois ans, ceci expliquant pourquoi le chien en avait après lui : une odeur de chenil pareille, c’est une provocation pour la bête ! Ce n'était plus les forces du Mal, qui s'exaltaient, mais l'odeur du Mâle !

Autre erreur: quand un chien aboie, il ne mord pas et a contrario, quand il mord, il n’aboie pas, il grogne. Le chien des Baskerville, il mord et aboie en même temps. Je pensais qu’en ouvrant sa gueule, il laisserait choir le fromage, heu, le bras de Sir Henry. Rien de cohérent dans le film...

Moralité ? Qui vit par l’épée périra par l’épée et qui fait l’malin avec son chien, finira dans le ravin. Là, c’est une flaque d’eau. Minable. Un bourbier, c’est des marais, de la boue qui vous avale lentement, pas de la flotte à foison !

L’explication finale n’est pas mieux : Holmes montrant un tableau et disant qu’il a tout compris en le voyant. Vu qu’il vient de le voir, cela en dit long sur l’intelect du détective. Dégoûtée, je vous dis. Mon homme regardait le téléfilm avec moi et j’ai dû lui expliquer, tellement les éclaircissements de l’acteur qui se moquait de Holmes étaient obscurs. Encore un peu je ne les comprenais pas. Dire qu’il me reste trois DVD à me farcir avec cet acteur... Ce sera ad nauseam, je pense.

Quand je pense qu’en 1993, Spielberg nous faisait des Tyrranosaurus « Rex » plus vrai que nature et que dans ce téléfilm sortit en 2001, ils sont même pas foutus de nous faire un Médor qui fout vraiment les chocottes !

J’hésite fortement entre :
1. Emmener Matt Frewer dans la lande et le noyer dans le grand bourbier de Grimpen avant de le découper en morceaux;
2. Aller hurler à la mort avec ce pauvre animal après lui avoir fait soigner sa mauvaise conjonctivite...

Ok, je noie d’abord Frewer et je vais hurler ensuite.



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