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Accueil » Critiques » Sherlock Holmes : Les Mystères de Londres
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Sherlock Holmes : Les Mystères de Londres
par
Jean-Claude Mornard
Ses autres critiques
The Wild Wild East (End) Avril 12, 2011

Voilà ce que l'on peut réellement appeller une curiosité. Certes d'aucun hurlent déjà à la trahison (sans avoir vu le film, comme de bien entendu) sous prétexte que Sherlock Holmes et le fidèle Watson, au cours de cette histoire, se trouvent aux prises avec des dinosaures,des monstres marins et autres dragons mécaniques. Quelques-uns sont allés jusqu'à dire qu'Arthur Conan Doyle devait se retourner dans sa tombe. C'est oublier un peu vite qu'ACD a également été, en son temps, un auteur de science-fiction a l'imagination fertile(Le monde perdu, la ceinture empoisonnée etc.)
En ce qui me concerne, cette approche ne me semble pas plus iconoclaste que celles des divers avatars du détective qui existent depuis sa création, que cela soit à travers les films ou les pastiches... Holmes a déjà été un androïde, le frère de Philéas Fogg, un patron de maison close,un redoutable assassin, un bisexuel aux ongles laqués de rose jouant de la harpe dans une dimension parallèle,un comédien raté et alcoolique, une souris, un chien policier (sous la plume de P.J Farmer. En regard de tout cela, les dinosaures et les scientifiques fous, c'est finalement bien sage.
D'autant que le film, bien que ne bénéficiant que d'un budget dérisoire (surtout si l'on compare au récent blockbuster de Guy Ritchie), se regarde sans ennui et même avec un amusement certain.
Les comédiens sont bons et sympathiques; l'approche des héros est respectueuse, avec une complicité entre Holmes et Watson qui crève l'écran; les personnages sont attachants et Watson est tout sauf un imbécile; le récit est rythmé et, en plus, le spectateur a droit à quelques déductions holmésiennes du plus bel effet. L'esprit steampunk (qui n'a jamais été aussi présent dans une adaptation de Sherlock Holmes à l'écran même si Guy Ritchie, avec sa machine infernale convoitée par Moriarty, ouvrait la brèche) est des plus réjouissants. Les dialogues sont pleins d'humour (à condition de ne pas chercher les clins d'oeil aux initiés: il ne s'agit pas d'un humour référentiel) et, surtout, en dehors de la scène finale qui plonge les pieds joints dans l'action spectaculaire (et n'est pas sans évoquer, par certains aspects- les machines volantes-, celle de Young Sherlock Holmes, produit par Spielberg... avec mille fois plus de moyens)le coeur du scénario est bel et bien construit comme une enquête des plus classiques, avec récolte d'indices, examen de traces, déductions et analyses scientifiques. Bref, en ce qui me concerne pas de quoi hurler à la trahison.
Bien sûr (et sans trop dévoiler le scénario) les puristes se demanderont d'où sort ce frère absent du canon (Thorpe Holmes ancien inspecteur de Scotland Yard et équipier de Lestrade); bien sûr, les esprit cartésiens pourront tiquer sur le fait que cet ancien policier soit devenu un génie scientifique d'une telle envergure sans qu'aucune explication ne nous en soit donnée; bien sûr, les spectateurs attentifs et férus de détails historiques ricaneront devant tel interrupteur que l'on a oublié de cacher, devant une bande blanche de stationnement que l'on entrevoit au détour d'une scène ou des colts 45 du plus pure style western utilisés par les personnages (même si Lestrade fait allusion à son Bulldog); bien sûr, les esprits forts avanceront l'argument que Hyde Park n'est pas la fôret impénétrable qui nous est montrée ici et que le village Gallois censé représenter Londres à la fin du XIXe siècle semble, en revanche, un peu riquiqui.
D'autre feront la moue devant les effets spéciaux. Pourtant, sans valoir ceux de Jurassic Park, on est quand même honorables et dix crans au-dessus des productions SYFY auxquelles ce film a déjà été assimilé par beaucoup.
A mon sens, il faut retrouver son âme d'enfant (surtout si l'enfant en question était fan des "Mystères de l'Ouest" dont on retrouve un peu l'esprit dans cette production*) pour apprécier pleinement ce spectacle sans prétention, divertissant et dépourvu de temps morts.
*) Le titre français (bien qu'il se transforme, lors du générique, en un bien moins évocateur "Mystère à Londres") n'a probablement pas été choisi au hasard.

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