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Accueil » Critiques » Le monde perdu (Téléfilm canadien avec Patrick Bergin)
Critique film
Le monde perdu (Téléfilm canadien avec Patrick Bergin)
par
JJ Tournaud
Ses autres critiques
L'été télévisuel est la saison des rediffusions des navets! Juillet 27, 2001

L'été télévisuel est, traditionnellement, la saison des rediffusions de navets. Évitant la série des "Gendarmes", des "7ème Compagnie" et des oeuvres de Max Pécas (condamné par contumace pour mauvais goût), j'ai cédé à la tentation, mercredi dernier, de regarder les nouvelles aventures du Pr Challenger sur M6. "Voyage vers un monde perdu", ça s'appelait. Par contre, je n'ai pas cédé à celle de l'enregistrer, et j'ai, semble t-il, bien fait. Pour ceux qui ont échappé à ce film TV canadien, je vais (brièvement) vous le prouver.

L'histoire commence en Mongolie (Aïe ! Mauvais départ, pensai-je, mais c'est "d'après" le roman d'A. Conan Doyle). Le professeur Mapple White découvre, dans une caverne, un oeuf (encore tiède) de ptérodactyle. Le bestiau qui vient de le pondre doit encore s'en souvenir, car l'oeuf en question est aussi gros que celui d'une autruche, et mon Encyclopédie m'indique que la taille du ptérodactyle variait entre celle du moineau et celle de l'aigle... Mais, bon passons... Le savant en profite pour sabrer une bouteille de Champagne, pendant que son assistant multiplie les prières. Ce dernier (qui vient de prendre connaissance du scénario) a d'ailleurs raison, car les ennuis ne vont pas tarder à arriver...

Je vous la fais courte : quelques instants plus tard, le Prof Challenger (sans doute en vacances en Mongolie), est au chevet de son ami Mapple, agonisant, qui lui explique qu'un Monde Perdu existe, où vivent encore des dinosaures ! Preuve à l'appui ; il sort de sa musette l'oeuf de ptérodactyle, le fait tomber, et stupeur ! entre le jaune et le blanc, surnage un bestiau gros comme un poulet fermier. Challenger écourte ses vacances, revient à Londres, et devant une assemblée d'étudiants et de personnalités hilares (ils viennent également de lire le scénario), se met en devoir de raconter ce qu'il a vu et entendu en Mongolie. Avant de recevoir des tomates ou des cacahouètes, il exhibe le poulet dans un bocal de formol... La salle n'en peut plus ! Un vieux barbon crie à l'imposture : il s'agit du Pr Sommerlee (qui ressemble terriblement au Sommerlee de la série US "le Monde Perdu", diffusée il y a quelques mois sur la même chaîne). Il ne parle pas de la réalisation du film, mais de l'histoire contée par Challenger. Pour le punir, on l'envoie en Mongolie avec son adversaire, pour retrouver le Monde Perdu. Ils seront accompagnés de Malone, le reporter, de Loana... euh... d'Amanda, la fille de Mapple White, et de John Roxton, un aventurier soigneusement mal rasé qui fume des cigares à la Groucho Marx. Pour les frais, un mécène fait savoir qu'il finance l'expédition et qu'il remettra 100.000 $ contre un dinosaure vivant (franco de port et d'emballage).

Nos amis partent donc pour cette lointaine contrée. A leur arrivée, ils embarquent deux connaissances mongoles de Mapple White : une fille qui possède un curieux talisman, et son frère, qui détient le carnet de notes de White. C'est d'ailleurs la seule raison de sa présence dans le casting. Grâce à une autochenille tout droit sortie de "la croisière jaune", la petite équipe arrive au pied d'une haute montagne, vraisemblablement le Monde Perdu (en tout cas, il vaudrait mieux, car le véhicule vient, à point nommé, de rendre l'âme). Malone suggère d'atteindre le sommet avec un ballon, qui se trouve fort à propos au fond de sa valise. Devant les fiers Mongols, il prépare donc sa montgolfière, pendant qu'Amanda White s'éloigne pour satisfaire un besoin que l'on peut qualifier de bien naturel.

Malheureusement, elle n'a pas le temps de mener à bien cette opération, puisque des sauvages, déguisés en sapins de Noël, se précipitent sur elle pour la kidnapper ! Ses cris alertent les membres de l'expédition, qui, au terme d'un combat passionné, réussissent à la délivrer avant que les autochtones ne la transforment en merguez. Puis la troupe, poursuivie par les indigènes surexcités (ils pensent que le metteur en scène fait partie du groupe), s'engouffre dans la nacelle en aluminium de l'aérostat et coupe les amarres. Évidemment, (c'est la séquence "suspense" du film), il y a toujours un retardataire - en l'occurrence le frère mongol - qui reste accroché à l'extérieur, alors que ses compagnons lui tirent la langue et lui tapent sur les doigts. Il ne jouera pas les passagers clandestins très longtemps, car, au sommet, un ptérodactyle, qui pense que son titre de transport ne doit pas être en règle, lui mord l'arrière train et le précipite dans le vide. Pleurs de la soeur et rires discrets des autres (c'est du cinéma !).

La Mongolie (surtout les hauts plateaux) réserve bien des surprises et n'est pas telle qu'on se l'imagine : ses forêts tropicales, ses rivières enchanteresses, ses diplodocus et autres "raptors" en séduiront plus d'un... Cela dit, l'atterrissage est catastrophique et Sommerlee se foule la cheville.

Le choc a été terrible ! L'enveloppe du ballon semble avoir été relookée par des punks et toutes les provisions sont éparpillées... La courageuse équipe se met donc en quête d'un abri pour la nuit et trouve une caverne dont l'entrée se cache entre les racines d'un arbre. L'intérieur, très Disney, présente des murs recouverts de fresques et de signes sibyllins. Serait-ce un temple ? Un lieu de sacrifice ? Une salle d'attente ? Nul ne le sait.

Reprenant quelques forces en ne faisant strictement rien, nos amis décident de revenir sur le lieu du naufrage pour rechercher des armes et des provisions. Mais à leur grand dam, des malfaisants ont piégé les abords immédiats de l'épave. Challenger précise sans rire : "des pièges néandertal". En effet, dans des fosses recouvertes de branchages, indécelables pour des mal-voyants, se tapissent des énormes sauriens qui, visiblement, paraissent assez joueurs et claquent du dentier de plaisir. Un malheur n'arrivant en général jamais seul, voilà que Roxton a déniché le bestiau qui doit lui rapporter 100.000 $ (un croisement de tatou et de Gremlin). Armé de sa carabine, il explique que son plus cher désir est (on le comprend) d'arrêter cette mascarade, de tirer sa révérence et de rentrer à Londres, de préférence tout seul, pour éviter d'avoir à partager la récompense... Une chute malencontreuse dans un "piège néandertal" coupera court à ses velléités d'indépendance. La troupe respire, Challenger transpire et le téléspectateur soupire.

Retrouvant Sommerlee dans sa caverne, les membres de l'expédition prennent un repos bien mérité.

Au terme d'un savant travelling, la caméra s'arrête sur l'une des parois de la pièce : stupeur ! Une porte dérobée s'entrouvre et l'on voit apparaître une face de... néandertal (enfin, sans doute). La créature, qui devrait, à mon avis, prendre un rendez-vous immédiat chez son dentiste, sort une sarbacane et envoie une fléchette à Sommerlee avant de disparaître ! Ce dernier, brusquement réveillé, se redresse et prend le chemin de la sortie, sans déranger les autres. La fléchette devait être enduite de LSD ou de Jouvence de l'Abbé Souris, car Sommerlee est victime d'hallucinations. Entouré de sauvages à géométries variables, il se retrouve soudain, près des restes du ballon, face à face à un Tyrannosaurus Rex sorti de Jurassic Park ! Que peut faire un vieux fossile handicapé de la cheville contre un T.Rex ? Les scénaristes, au pied du mur, viennent de prendre leur décision : Rien ! Mais au lieu de finir déchiqueté par le monstre, le professeur se prend les pieds dans les soupentes de la nacelle ; un coup de vent violent soulève la toile du ballon et arrache soudain Sommerlee du plancher des vaches ! On ne le verra plus... A partir de cet instant, tout s'enchaîne : dans la caverne, Challenger et Amanda ont (grâce à la flamme d'un briquet qui a décelé un courant d'air) trouvé la porte secrète qui conduit à un dédale de galeries. Ils découvrent également le squelette de l'assistant de Mapple White (reconnaissable grâce aux disques de Beethoven qu'il collectionnait (mais où vont-ils chercher tout çà ???)) et, coup de théâtre ! retrouvent John Roxton, qui, bien qu'amoché sérieusement, est visiblement sorti vainqueur de son combat face à un saurien antédiluvien de 2 tonnes !

Là, le spectateur inquiet se demande si la fin (du film) est proche, vu que les disparus réapparaissent.

Roxton n'a pas abandonné son projet initial, vu qu'il détient, dans une cage en bois, un autre bestiau (il a troqué le Gremlin du début contre... euh... une chauve-souris ?). Et a priori, il a toujours l'intention de revenir à Londres (mais, pas dans cet état, John ?).

Bon, finalement, pas trop de suspense, car Roxton, victime d'un faux pas (est-il maladroit !) tombe dans le vide ou a déjà sombré le scénario. Les survivants n'ont qu'une hâte : dégager le plus vite possible ! Malone suggère de se servir de l'enveloppe de l'aérostat comme d'un parapente et de se jeter dans le vide... Malheureusement, ils sont 4 (la jambe -seule - de Sommerlee a été retrouvée accrochée à la ficelle du ballon) ! Là encore, le réalisateur ne s'embarrasse pas : la jeune Mongole, croit reconnaître sur des pierres les mêmes symboles qui figurent sur son talisman et... se fait croquer par des bestioles sorties de Jurassic Park 2. Malone est victime (croit-on) d'une explosion et disparaît ! Restent Challenger et Amanda qui s'élancent bravement dans le vide, accrochés à leur parachute troué... On retrouve, plus tard, ces derniers à Londres, où ils expliquent que le Monde Perdu n'existe pas. S'ils avaient ramené le scénariste néandertalien, ils auraient pu toucher la récompense de 100.000 $, ces abrutis !

La dernière séquence du film nous ramène sur le plateau du Monde Perdu où l'on voit un homme des cavernes (barbu, chevelu, vêtu d'une fourrure en acrylique et armé d'une hache de pierre), au pied d'un précipice, jeter un carnet de notes dans le vide. Il s'agit de Malone (qui n'est pas mort), qui explique qu'il "survit depuis six mois"... On se demande bien comment il a fait pour avoir ce look de SDF en aussi peu de temps : a t-il été conseillé par John Galliano ?

La mauvaise nouvelle, c'est qu'on entrevoit une suite... Avec un troisième retour de Roxton (Mon Dieu, dans quel état !) et celui de Sommerlee (je rappelle que seule sa jambe a été retrouvée).

Du coup, je reviens sur ma critique du film de 1924, le "Monde Perdu". A côté de ce navet, il mériterait d'entrer à la Cinémathèque!

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